Tout savoir sur la restauration de Grande Rivière

9 questions pour comprendre en détail les enjeux, les méthodes et les financements de la restauration écologique de la Grande Rivière au Domaine de Lacroix Laval.

 

1-Comment s’appelle la rivière qui traverse le Domaine de Lacroix Laval ?Cette rivière est le « Charbonnières ». Mais, depuis l’aménagement du Domaine de Lacroix Laval au XVIIIème siècle, elle porte, dans la traversée du Domaine, le nom de Grande Rivière. L’allée qui la borde porte d’ailleurs le nom d’Allée de Grande Rivière.

Et le saviez-vous ? En amont du Domaine, cette rivière prend à nouveau un autre nom : le Cerf de Garde !

2-Quels sont les problèmes constatés sur cette rivière ?

  • Plusieurs seuils aménagés rendent Grande rivière infranchissable pour les poissons désirant remonter vers leurs lieux de fraie
  • Ces seuils, qui contraignent les écoulements, créent des atterrissements sableux importants en amont supprimant les frayères et les habitats pour la faune aquatique.
  • La présence de nombreux murs en béton corsette la rivière et réduit fortement son attrait pour la faune aquatique.

La rivière érode violemment ses berges et déstabilise les arbres à proximité et le mur d’enceinte du parc, dont une partie assure le soutènement de la voie ferrée.

3-Pourquoi réaliser des travaux sur cette rivière ?

Les travaux en cours ont plusieurs objectifs :

  • Continuité biologique : La suppression de seuils en béton permet aux espèces piscicoles (comme la truite fario) de migrer librement vers les têtes de bassin et la zone classée
    « réservoir biologique ». Elle permettra également de limiter le réchauffement des eaux durant l’été et d’offrir une plus grande diversité des habitats pour la reproduction des espèces.
    Pour en savoir plus, voir la vidéo réalisée par la Fédération de pêche : https://www.riviere-yzeron.fr/document/video-sur-la-continuite-piscicole-et-la-restauration-ecologique/
  • Sécurité hydraulique et publique : En éloignant la rivière du mur du Parc et de la voie SNCF, le projet vise à abaisser les niveaux d’eau en cas de crue et à protéger ces infrastructures sensibles.
  • Amélioration hydrogéomorphologique : La suppression des murs latéraux aux abords de la rivière va lui donner de l’espace et restaurer un fonctionnement plus naturel. Une rivière en bonne santé est, en effet, une rivière qui dissipe son énergie notamment en érodant les berges. Mais si elle est contrainte par des murs, comme ici, elle va dissiper son énergie en creusant le fond de son lit, c’est ce que l’on appelle l’incision. Ce phénomène provoque un ensablement du lit, des risques d’effondrement des berges et dégrade la qualité des milieux aquatiques.
  • Restauration écologique : L’élargissement du lit, la création de berges en pente douce et la plantation d’essences typiques contribueront à la formation d’une nouvelle ripisylve et de nouveaux habitats pour la faune, favorisant la biodiversité.

 4-Pourquoi avoir coupé des arbres ?

Bien qu’impactante au démarrage des travaux, cette phase préparatoire est malheureusement indispensable pour pouvoir réaliser les travaux de restauration du cours d’eau.

A ce titre, le SAGYRC réalise depuis de nombreuses années des travaux en rivière et dispose d’une solide expérience dans ce domaine de la restauration.

La coupe des arbres a répondu à deux motifs :

  • Sécurité publique : Environ 25 % des arbres ont été coupés pour garantir la sécurité autour de la voie SNCF et des cheminements pédestres.
  • Raisons hydrauliques et écologiques : Le reste des coupes (75 %) va permettre de supprimer les obstacles liés aux murs en béton et aux seuils et de préparer l’élargissement du lit et des berges.
    Avant toute coupe, un écologue a expertisé les arbres (deux fois) afin de vérifier l’absence de cavités et de présence d’animaux (oiseaux ou chauves-souris).
    5.Quels types d’arbres ont été coupés ?

Environ une centaine d’arbres ont été coupés, avec la répartition suivante :
• Environ 50 % des arbres faisaient moins de 20 cm de diamètre.
• Environ 70 % faisaient moins de 30 cm de diamètre.
• Environ 5 % avaient un diamètre supérieur à 1 mètre.

5. Que va devenir le bois coupé ?

L’objectif est de valoriser au maximum les arbres coupés :
-> une partie sera réutilisée par le Domaine pour réaliser des mobiliers en bois
-> une partie sera réutilisée, tout près, par la commune de Marcy l’Etoile sur un autre chantier de restauration de rivière (la Tamina)
-> enfin, le projet de grande rivière va permettre d’utiliser une part importante des bois coupés pour réaliser des aménagements en génie écologique (création d’habitats dans le lit de la rivière, solidification des berges, etc…)

6-Quelles sont les grandes étapes de travaux ?

Le projet se décline en trois phases principales :

Première étape (travaux forestiers) : Terminée depuis début février, elle a permis la coupe et la gestion des arbres nécessaires à l’aménagement futur.
Deuxième étape (génie civil et écologique) : Prévue à partir d’avril, elle inclut la démolition des murs et des seuils en béton, la reprise du tracé de la rivière et la stabilisation des berges par des techniques de génie végétal. Cette phase devrait durer environ deux mois.
Troisième étape (plantations) : En automne 2025, les travaux se concluront par la replantation sur les secteurs réaménagés

7-Quelles seront les plantations réalisées ?

Les plantations prévues pour l’automne 2025 comprennent :
• Le réensemencement d’une surface de 2000 m² avec un mélange grainier adapté aux milieux aquatiques.
• La mise en place de 220 boutures de saules.
• La replantation de 340 plants forestiers.
Ces actions visent à créer et à renforcer la ripisylve, garantissant ainsi un habitat riche pour la faune et une consolidation naturelle des berges.

8-Quel sera le suivi post travaux ?

L’entretien, après les travaux, sera assuré par les équipes du Domaine.

Afin de s’assurer de la réussite des travaux, une expertise naturaliste pluriannuelle post travaux sera commandée afin de vérifier la présence de nouvelles espèces végétales et animales et mesurer factuellement le gain de biodiversité obtenu.

9-Quel est le budget de cette opération et qui finance ?

Le budget global du projet est d’environ 250 k€ dont les postes principaux sont les suivants :
Travaux forestiers : environ 50 k€ (en collaboration avec Chazal).
Travaux de terrassements, génie civil et écologique : environ 165 k€ (réalisés par T Chassagne/YM).
Maîtrise d’œuvre ( Biotec) : environ 35 k€

Le projet bénéficie d’une subvention de 200 k€ de la part de l’Agence de l’Eau, financement justifié par les effets bénéfiques du projets de l’environnement. Le solde est financé par le Sagyrc.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action historique pour la restauration de la continuité piscicole sur le bassin versant.

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